"Vaulx 2020" : la transition de notre ville par l'écologie.

Samedi 8 février 2020.

Le britannique ROB HOPKINS, initiateur du mouvement « Ville en Transition » a animé deux conférences à Vaulx-en-Velin jeudi 6 février à l’initiative du média régional Sans Transition ! en Occitanie.

Nous vivons une époque charnière où les enjeux tant climatiques que sociaux sont considérables. Nous allons devoir faire face à quelque chose dont on nous n'avons jamais eu l'expérience. Les études sur le climat le démontre, si nous ne faisons rien, notre civilisation est en péril d’ici quelques décennies.

Le modèle industriel basé sur la croissance montre sa limite. Notre société de consommation est sur le point de s’effondrer et les gouvernements en sont encore à faire de la communication à travers des évènements dont l’issue est connue d’avance. Les intérêts financiers des uns et le lobbying des autres sont un frein à la transition qui doit succéder à la civilisation de l’énergie fossile.

Alors, face à ce constat, les consciences s’éveillent, l’action des mouvements de la jeunesse, ou de désobéissance civile avec Extinction Rebellion manifestent cette volonté de changement.

D’autres tentent de tirer la sonnette d’alarme, des auteurs de romans comme Fred VARGAS, des défenseurs de la biodiversité comme Isabelle AUTRISSIER que j’ai rencontré à plusieurs reprises dans le cadre des actions WWF, des humanistes comme Pierre RABHI avec qui j’ai partagé de passionnants échanges. 

De tout cela,  des modèles de sociétés émergent. Certains comme Jérémy RIFKIN comptent sur une troisième révolution industrielle qui  devrait surgir naturellement de la «jonction de la communication par Internet et des énergies renouvelables».

Elle sera arrimée à une série de technologies plus ou moins futuristes comme l’hydrogène et les imprimantes 3 D qui doivent permettre de transformer chaque immeuble en usine et en microcentrale, mais aussi sur l’utilisation optimale des énergies renouvelables grâce à des «réseaux intelligents» : le monde des smart-city.

Beaucoup célèbrent RIFKIN et ses prophéties. Grâce à son rêve technologique, il suffit de s’en remettre aux grandes entreprises, aux experts et aux entrepreneurs high-tech de toutes sortes qui vont nous offrir les solutions techniques pour sortir de l’impasse. Et nous voilà reparti comme en 14.

D’autres comme Rob HOPKINS « Il est essentiel de réorienter l’action humaine autour de gestes écologiques simples. L’objectif de la transition est de développer localement la résilience des communautés, c’est-à-dire leur capacité à résister aux chocs économiques et écologiques et donc de subvenir aux besoins de la population y compris en temps de crise ». La transition, est décrite comme « un formidable vecteur de progrès et de solidarité ».  Elle se traduit par une mise en œuvre d’actions concrètes.

Je ne crois pas au rêve technologique de la troisième révolution industrielle qui se base sur une vision simpliste des technologies et de leurs effets. Cela me fait penser aux avions renifleurs de l’époque de GISCARD D'ESTAING.

Par contre, le modèle proposé par Rob HOPKINS qui permet de trouver des solutions à travers une démarche collective à base de réflexion aboutissant sur la mise en œuvre d’actions concrètes engage une démarche responsable vers la transition.

Les différents exemples mis en avant lors de la conférence démontrent qu’il est possible, quelle que soit la taille de la ville, de changer de paradigme. Incontestablement, Vaulx-en-Velin, avec notamment sa zone agricole possède des atouts pour entamer cette transition, développer des emplois, initier des circuits courts d’approvisionnement pour nos cantines scolaires et d'autres lieux de restaurations.

Nous avons perdu sous le mandat d’Hélène GEOFFROY beaucoup de ce temps précieux alors que la volonté de certains existait. Il y a un décalage entre l’écologie de l’expertise, portée par les politiques publiques, et l’écologie des initiatives citoyennes.

C’est dans toute la ville que doit se mener la réflexion sur ce que nous pouvons mieux faire ensemble pour avancer dans la démarche.

Il y a beaucoup de trop de communication municipale et peu d’action. Quand il est question de végétalisation des espaces cela se traduit par plus de bitume que ce soit dans les cours d’école comme dans le développement immobilier. Le Carré de Soie en est un exemple, en terme de concentration comme en terme d’emprise de la voiture dans l’espace urbain.

Hé bien nous voulons enlever du bitume pour remettre de la nature, nous voulons accentuer le vivre ensemble et la solidarité à travers notre ville en transition. Croire qu’on a déjà sous la main toutes les solutions techniques pour la mener à bien est un leurre. Nous avons besoin de développer la capacité d’initiative, de penser, de créer et pour gouverner la transition écologique de renforcer la démocratie participative. Un vrai projet pour Vaulx en 2030.

Thomas PETRAGALLO.